COVID-19: ce que la pandémie a révélé des failles de nos systèmes de santé pour les femmes

failles de nos sytèmes de santé pour les femmes

Introduction

La discussion sur les failles de nos systèmes de santé pour les femmes doit être amplifiée pour inclure toutes les voix concernées. En effet, il est crucial d’explorer les failles de nos systèmes de santé pour les femmes afin de garantir une meilleure égalité et des soins adaptés.

En 2020, l’année devait marquer un tournant historique pour l’égalité des sexes : le vingt-cinquième anniversaire du Programme d’action de Beijing, le grand accord international de 1995 qui avait fixé les objectifs mondiaux en matière de droits des femmes. Elle est devenue autre chose : le révélateur brutal des inégalités entre hommes et femmes. Car la pandémie de COVID-19 n’a pas créé ces inégalités ; elle les a amplifiées, rendues visibles, impossibles à ignorer.

Cet article montre comment la crise sanitaire a frappé les femmes différemment, dans les hôpitaux comme au foyer, et pourquoi comprendre ces inégalités est essentiel pour ne pas les reproduire.

Il est donc essentiel de mettre en lumière les failles de nos systèmes de santé pour les femmes pour avancer vers une réelle égalité dans l’accès aux soins.

Les failles de nos sytèmes de santé pour les femmes sont devenues particulièrement évidentes durant la pandémie. Ces failles de nos sytèmes de santé pour les femmes doivent être abordées pour garantir une meilleure équité dans le futur.

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Face aux défis exacerbés, il est maintenant temps d’explorer les failles de nos sytèmes de santé pour les femmes et d’initier des changements durables.

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Les femmes en première ligne : un engagement invisible

Partout dans le monde, ce sont les femmes qui ont tenu les systèmes de santé à bout de bras. Infirmières, sages-femmes, agentes communautaires, personnel d’entretien hospitalier… elles représentent 70 % des travailleurs de santé à l’échelle mondiale. Au Canada, elles occupent plus de 80 % des emplois dans les soins de santé et l’assistance sociale.

Pourtant, au moment de décider comment gérer la crise, elles étaient quasi absentes. En Afrique, 85 % des groupes de travail nationaux anti-COVID étaient dirigés par des hommes. Présentes dans les couloirs des hôpitaux, invisibles dans les salles de décision.

À ce déséquilibre de représentation s’ajoute un problème concret et dangereux : les équipements de protection individuelle étaient conçus sur la base des proportions corporelles masculines. Les masques, les blouses, les gants n’étaient donc pas adaptés au corps des femmes, les exposant à un risque accru de contamination dans des environnements déjà extrêmement dangereux.

Des soins de santé sacrifiés : quand les besoins des femmes disparaissent

Quand un système de santé est débordé, ce sont toujours les mêmes services qui sont sacrifiés en premier. La santé reproductive et maternelle des femmes figure invariablement parmi les premières victimes. En Afrique, les décès maternels ont augmenté, les accouchements en structures de santé ont diminué, et l’accès aux contraceptifs s’est effondré dans près de la moitié des pays. En Amérique latine, 18 millions de femmes supplémentaires ont perdu l’accès à des contraceptifs modernes du fait de la crise. Des services qui permettaient aux femmes de maîtriser leur santé ont tout simplement disparu, sans que cela ne suscite autant d’attention que les courbes de contamination.

La réponse des pays riches contraste avec cette réalité. Aux Pays-Bas, des équipes de sages-femmes ont réquisitionné des hôtels fermés pour y dispenser des soins de santé maternelle. Ces adaptations créatives, possibles dans des systèmes disposant de ressources suffisantes, restaient inaccessibles pour la majorité des pays du Sud, où les systèmes de santé étaient déjà fragilisés avant même l’arrivée du virus.

Le travail invisible des femmes : une charge explosée

Avant la pandémie, les femmes consacraient déjà trois fois plus de temps que les hommes aux soins non rémunérés : s’occuper des enfants, des personnes âgées, des tâches domestiques. Avec les confinements, cette charge a explosé : les écoles ont fermé, les services de garde ont disparu, et la prise en charge est retombée massivement sur les femmes.

Une enquête menée dans 14 pays d’Afrique et d’Asie du Sud a confirmé ce que beaucoup pressentaient : le temps consacré aux tâches domestiques avait fortement augmenté, mais leur répartition entre hommes et femmes, elle, n’avait pas changé. Pour les femmes qui travaillaient en parallèle dans des secteurs essentiels, comme les hôpitaux, les épiceries ou encore les pharmacies, cette réalité était doublement épuisante : assurer des services vitaux à la société le jour, et rentrer assumer les tâches de la maison le soir.

La pandémie de l’ombre : l’explosion des violences domestiques

C’est peut-être l’impact le plus sombre de la crise, et le moins visible : la violence domestique a explosé partout dans le monde dès les premiers confinements. En France, les signalements ont bondi de 30 %. En Argentine, 25 %. Dans certains pays, le nombre de cas a doublé. La logique était implacable : les femmes se retrouvaient enfermées avec leur agresseur, coupées de leur entourage, sans espace privé pour appeler à l’aide. Au Canada, une femme sur dix se déclarait très préoccupée par la possibilité de violence à domicile. Les refuges, déjà sous pression avant la crise, se retrouvaient submergés.

Certains pays ont réagi. Le Canada a débloqué des fonds d’urgence pour les refuges. La France a mis des nuitées d’hôtel à disposition des femmes fuyant des situations de violence. Mais ces réponses restaient l’exception, et non la règle. En Afrique, là où les besoins étaient les plus criants et les ressources les plus limitées, les services dédiés aux victimes de violence sexuelle ont diminué dans 56 % des pays pendant cette même période.

Des solutions numériques ont tenté de combler ce vide : en Chine, une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux ; en Espagne, un service de messagerie avec géolocalisation ; en Argentine, des pharmacies transformées en espaces sûrs de signalement. Ces initiatives témoignent d’une créativité réelle face à l’urgence, mais elles supposent l’existence d’un smartphone, d’une connexion internet, et d’un espace privé pour envoyer un message — autant de conditions qui ne sont pas universelles.

L’eau, l’hygiène et la dignité : des inégalités de genre négligées

Dans les pays à faibles ressources, la pandémie a mis en lumière une dimension souvent ignorée des inégalités de genre : l’accès à l’eau et à l’assainissement. Alors que le lavage fréquent des mains devenait le geste barrière par excellence, des millions de femmes et de filles n’avaient pas accès à de l’eau propre en quantité suffisante.

La gestion de l’hygiène menstruelle a constitué un angle particulièrement négligé de cette crise. Selon 73 % des répondants à l’enquête WaterAid (en Afrique de l’Est), les femmes et les filles n’avaient pas les moyens financiers de gérer leurs règles pendant la pandémie. Les confinements compromettaient par ailleurs leur intimité, y compris à domicile. Cette question, rarement mentionnée dans les grands plans de riposte sanitaire, illustre comment les besoins spécifiques des femmes disparaissent dès que la gestion de crise est dominée par des perspectives masculines.

Les adolescentes : des victimes silencieuses de la pandémie

Parmi toutes les victimes silencieuses de la pandémie, les adolescentes occupent une place particulière. Les données recueillies à l’échelle mondiale dressent un tableau préoccupant de leurs trajectoires pendant et après la crise.

Au Kenya, une étude publiée dans le British Medical Journal a montré que les adolescentes non scolarisées pendant six mois avaient deux fois plus de risques de tomber enceintes et trois fois plus de risques d’abandonner définitivement l’école que celles qui avaient obtenu leur diplôme juste avant la pandémie. En Afrique du Sud, les grossesses chez les adolescentes ont progressé de 60 % depuis le début de la pandémie. Ces chiffres ne sont pas des accidents : ils reflètent la convergence de plusieurs facteurs — perte de l’environnement protecteur de l’école, augmentation des tâches domestiques confiées aux filles, réduction des services de santé reproductive, et vulnérabilité accrue aux violences.

L’histoire récente donne des raisons supplémentaires de s’inquiéter. Lors de l’épidémie d’Ebola, les données avaient montré que les adolescentes étaient particulièrement exposées au risque de décrochage scolaire permanent, même après la fin de la crise. Le COVID-19 s’inscrit dans ce schéma. Pour des millions de filles vivant dans la pauvreté, dans des zones rurales isolées ou en situation de handicap, la fermeture des écoles a pu marquer la fin de leur scolarité.

Des inégalités qui n’épargnent personne

Il serait inexact de parler des femmes comme d’un groupe homogène. La pandémie a révélé que certaines femmes étaient exposées à des risques particulièrement aigus, en fonction de leur appartenance à d’autres groupes marginalisés.

Au Canada, les communautés autochtones avaient déjà subi de manière disproportionnée l’épidémie de grippe H1N1 en 2009. Face au COVID-19, les femmes et les filles autochtones faisaient face à des obstacles cumulés : surpeuplement des logements, isolement géographique, infrastructure dégradée, accès limité à internet, et un risque accru de violence de genre aggravé par les mesures de confinement. Les femmes handicapées, incapables de pratiquer la distanciation sociale en raison de leur dépendance à des aidants, se trouvaient dans une position de vulnérabilité particulière. Les femmes âgées résidant en établissements de soins de longue durée ont payé un tribut particulièrement lourd à la pandémie, qui a mis en évidence les carences systémiques de ces institutions.

La fracture numérique a ajouté une couche supplémentaire d’exclusion. L’accès aux informations de santé publique, aux aides gouvernementales, à l’éducation à distance et aux services d’urgence supposait une connexion internet fiable et des équipements adéquats — des ressources inégalement distribuées selon les revenus, la géographie et l’âge.

Reconstruire autrement : une opportunité historique

Les pandémies ne créent pas les inégalités. Elles les révèlent, les accélèrent et les rendent indéniables. Le COVID-19 a montré au monde entier ce que les féministes, les chercheuses et les organisations de défense des droits des femmes répétaient depuis des décennies : les économies mondiales reposent sur un travail féminin invisible et non rémunéré ; les systèmes de santé abandonnent les besoins spécifiques des femmes dès que les ressources se raréfient ; la violence de genre constitue une urgence permanente, aggravée à chaque crise.

La relance économique post-pandémie représentait une occasion historique de ne pas reproduire ces schémas. Plusieurs gouvernements ont pris des mesures encourageantes : financement d’urgence pour les refuges, élargissement des transferts sociaux, mesures de soutien aux travailleurs informels. Mais ces réponses ont trop souvent été conçues sans intégrer systématiquement une perspective de genre, sans consulter les organisations de femmes, et sans cibler explicitement celles qui se trouvaient aux marges des systèmes de protection sociale existants.

Il est crucial de reconnaître les failles de nos sytèmes de santé pour les femmes afin d’améliorer les conditions de travail et de vie de celles qui œuvrent dans le domaine de la santé.

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